Entrevue avec Birgit Weyhe
Pendant les 48 heures, Christophe Magnette et Lise Rebout ont interviewé Birgit Weyhe de passage à Montréal sur son œuvre, se perdre dans les rues, Caméléon et bien sûr le journal…
Q : Bonjour Birgit.
Bienvenue à Montréal et aux 48h de la BD de Montréal. Votre venue à Montréal a été l’occasion de la publication de la traduction en français de l’une de vos histoires graphiques « Caméléon » aux Éditions Colosse. Cette histoire se passe en Afrique où vous avez passé votre enfance. Est-elle autobiographique ?
R. Pas entièrement. Elle reprend des grands thèmes présents dans mon enfance comme la peur des caméléons, supposés dans la tradition africaine porter malchance et amener la mort, ou bien encore la peur du nucléaire. Mais les anecdotes elles-mêmes sont inventées.
Q. Comment s’est passée l’adaptation en français ?
R. Une amie avait traduit cette histoire lors de la parution de mon livre en allemand. Lorsque Jimmy Beaulieu a appris mon passage à Montréal, il s’est proposé de l’éditer. Il a alors fallu que je refasse le lettrage, la typographie faisant partie intégrante de mon travail créatif.
Q. Le format final est beaucoup plus petit que l’original allemand. Pas trop déçue ?
R. Non, au contraire ! Lorsque Jimmy Beaulieu m’a envoyé les dimensions, il ne m’a pas précisé les unités…En Allemagne, on utilise le système métrique et 5x7cm, je trouvais cela très très petit… Je me suis sentie soulagée lorsque je me suis rendue compte qu’il s’agissait de pouces et non de cm et que mon livre aurait un format poche !!!!
Q. Comment vivez vous l’expérience des 48h de la BD ?
R. C’est stimulant d’être entourée d’autres dessinateurs qui se retrouvent tous dans la même situation. Comme moi, beaucoup s’isolent « dans leur bulle » pour pouvoir se concentrer sur leur dessin.
Q. Le thème du mur vous inspire-t-il ?
R. Quand il a été dévoilé hier soir, je n’étais absolument pas inspirée. C’est en me perdant alors que je rentrais me coucher que j’ai trouvé l’axe selon lequel j’allais l’aborder. Je vais illustrer le mur qui se trouve dans la tête des gens en prenant l’exemple de ma tante qui a failli se noyer à cause de son étroitesse d’esprit.
Q. Votre prochaine bande dessinée s’inspire-t-elle aussi de vos expériences africaines ou familiales comme les précédentes ?
R. Non, en fait, c’est Montréal qui sera au cœur de ma prochaine BD, l’histoire d’un collier qui, en passant de mains en mains, va faire le tour du monde en partant de Montréal pour finalement y revenir.

